Chaque année, les entreprises québécoises dépensent des sommes considérables en tech… et souvent, on se retrouve avec des résultats qui ne sont pas à la hauteur de leur attente. Pourquoi ? Parce qu’on voit encore la technologie comme une facture à payer, pas comme un vrai levier pour grandir et faire plus d’argent.
Les chiffres qui font mal
J’ai regardé les benchmarks récents (Gartner, Deloitte, études canadiennes) et c’est clair :
- Dans le transport et les services, les meilleurs joueurs investissent autour de 3 à 5 % de leurs coûts d’opération (ou du revenu). Chez nous, au Québec, on traîne souvent à 1-2 % max.
- Dans le manufacturier, la moyenne nord-américaine est plutôt 2-4 % du chiffre d’affaires. Ici, beaucoup stagnent à 0,8-1,5 %.
Conséquence ? On traîne un retard technologique énorme qui se voit partout : productivité qui n’est pas optimale, marges qui fondent, et on se fait manger par la concurrence qui avance plus vite.
Comment un budget TI devrait vraiment être découpé
Les boîtes qui performent bien divisent leur budget en trois gros blocs (le fameux Run / Grow / Transform) :
- Run – Garder les lumières allumées
Serveurs, licences SaaS, cybersécurité, support des systèmes existants… la base, quoi.
Ça devrait prendre 60-75 % du budget (souvent plus près de 70-75 % dans les entreprises traditionnelles).
Problème : au Québec, beaucoup arrêtent là. Tout le budget passe dans le run, et on n’avance plus. - Grow / Optimisation – Faire mieux avec ce qu’on a
Automatiser les tâches sans valeur ajoutées que l’humain fait encore manuellement, réduire la dépendance à une personne clé (banque de connaissances, tâches cognitives, RPA, optimisation de processus).
Idéalement 15-25-30 % du budget.
C’est là que le ROI explose vite : avec un bon investissement en automatisation, on peut facilement doubler ou tripler l’efficacité, et libérer du cashflow. - Transform / Innovation – Sortir du cadre
Tester de nouveaux modèles d’affaires, plonger dans l’IA générative, lancer des produits numériques, disrupter son marché.
5-15 % (les leaders visent 10-20 % et plus). C’est « l’effort de plus » qui peut transformer une PME en leader de son secteur.
La bonne nouvelle pour nous au Québec
L’automatisation (RPA, low-code/no-code, IA appliquée aux processus) est devenue super accessible en 2025-2026, même pour les petites et moyennes entreprises. En pigeant juste un petit bout du budget « run » pour le réallouer en optimisation, on peut doubler les gains de productivité… et ensuite, sans exploser le budget total, commencer à investir dans l’innovation pour de vrai.
Arrêtez de voir la tech comme un coût à minimiser. Commencez à la voir comme votre meilleur investissement pour croître, protéger vos marges et laisser la concurrence dans le rétroviseur.